A mon image

Depuis deux semaines, je reçois beaucoup de propositions pour travailler dans divers journaux régionaux. Mes articles ont apparemment été repérés positivement par plusieurs rédactions qui me proposent donc « d’intégrer leurs rangs ». Me voilà donc face à une impasse, J’arrête mon CDD dans deux semaines. Quel chemin dois-je prendre?

Je me suis toujours dit que la vie m’enverrait un signe pour m’aider à choisir entre journalisme et théâtre. Au bout du compte, est ce que recevoir des offres d’emplois n’est pas le fameux geste du destin que j’attendais tant? Et puis, pour tout avouer, j’aime mon travail. Je peux y passer des heures s’en m’y ennuyer. Et heureusement d’ailleurs parce qu’être journaliste de terrain demande beaucoup d’implication. On se lève tôt pour rentrer tard. Si la passion n’est pas là comment supporter que votre travail occupe toute votre vie?

Et c’est le cas. Depuis juillet j’enchaine les heures et je n’ai pas beaucoup de liberté. Pas le temps de sortir ni de motivation pour aller boire un verre. Je perds même l’envie d’écrire ici parce que je tape des papiers toute la journée. Je dois être productive. Je rentre terrassée et j’ai à peine le temps de manger qu’il est déjà venu le moment de dormir. Mais je gagne de l’argent. Un salaire pas très élevé, il faut bien le dire..mais qui me permet de me nourrir et de payer le loyer.

Alors pourquoi vivre sa vie autrement?

Pour s’épanouir. Voyez vous, je fais sûrement la plus grosse erreur de ma vie pour certains mais je vais refuser ces offres de travail. J’ai envie de tenter le théâtre et les piges à Paris. Essayer et voir où cela me mène..quitte à m’étaler totalement. S’il y a bien une chose que j’ai appris ces dernières années c’est qu’il fallait vivre ses rêves plutôt que de regarder les autres les vivre à notre place. Que la chance n’existe que si on sait la provoquer.

Je n’ai pas envie de devenir blasée d’écrire parce qu’on me demande d’être trop productive. Je ne veux pas non plus bâcler mon travail par fatigue ou déprime. Ni perdre mon engouement, mon envie, mes amis. J’ai besoin de rencontrer des gens, de multiplier les expériences et de prendre des risques. Je regarde ce chemin tout tracé devant moi. Ce « métro, boulot, dodo » et je dois avouer que je ne suis pas prête. Alors, je cours vers l’inconnu. Est ce que j’ai peur? Oui je suis comme une môme de trois ans dans des montagnes russes. Je crève de trouille.. Mais finalement c’est en faisant ce pari que je me sens vraiment vivre et ça, ça vaut tout l’or du monde.

Peut être que ça ne marchera jamais pour moi dans la capitale. Peut être que dans quelques mois je viendrais gratter aux portes de ces employeurs en les suppliant de me prendre. Mais au moins je ne serai pas frustrée de ne pas avoir tenté cette belle vie.

Une belle vie..à mon image.

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18 réflexions au sujet de « A mon image »

  1. Je suis d’accord avec toi, il faut essayer ! Si ils sont venus à toi ces jours ci, il se peut fort qu’il veuillent toujours de ton travail dans quelques mois si à Paris cela n’a pas marché.

    De toute facon dans ces métiers « spéciaux » le théâtre, la musique, etc… Il faut à un moment donné se lancer vraiment pour avoir une chance que ça marche !

    Bonne chance 🙂

  2. Bonjour,

    Et les deux c est pas envisageable ? Parce que oui c est très bien le mode  » dream  » mais dans le réel il y a les loyers , les factures , la vie sociale etc. Un travail c est bien , une passion encore mieux et quand on peut faire les 2 ( et non pas les réunir contrairement à ce que beaucoup disent ) c est génial. Mais tant qu on est pas libre ça ne sert à rien . Crouler sous un taf et devoir choisir entre lui et une autre passion c est génial , cependant il faut regarder le contexte socio- économique dans lequel on vit . Pourquoi ne pas bosser au seins de ces rédactions un temps , se faire un réseau et jouer du théâtre en parallèle . A moins d avoir beaucoup d économies de côté et vu le nombre de pigistes qui crèvent la faim sur Panam, personnellement je ne me poserai quelques jours ( après le cdd) et j y réfléchirai tranquillement ( avec budget prévisionnel à l appui, objectifs ) . C est beau de plonger dans le grand bain, ça l est encore plus quand on plonge sans faire de plat et qu on le fait pour y rester . en clair il suffit pas de savoir nager et de plonger , il faut de l endurance pour continuer …
    Bon courage !

    • Si faire les deux est envisageable, j’ai dit que je comptais faire des piges à paris.Certes ça ne sera pas simple mais bon c’est à moi de me bouger et de me vendre. Pour ce qui de travailler dans les rédactions un temps c’est ce que je suis en train de faire et ça me fait déprimer de ne pas avoir de vie. Et puis même si ça ne marche pas à Paris pour moi je pourrais toujours revenir en arrière.

  3. mais oui fonce 🙂 il y a un an tu avais déjà ce choix et tu as décidé de te permettre de reussir dans tes deux passions en faisant une année dédiée à chacune. l’an dernier diplome de journalisme et un peu de théatre à coté… cette année du théatre à fond et quelques piges pour vivre et renflouer ton CV.

    ce choix tu l’as déjà fait et tu as fait passer le raisonnable avant la passion. maintenant tu peux en profiter alors fais le 🙂

    tu prendras davantage d’expérience à Paris et tu auras d’autant plus de poids dans tes recherches d’emplois futures 🙂
    je pense même que tu les interesseras encore plus les journaux si tu es épanouie et que tu as plus d’ouverture qu’un sortant d’école 🙂

  4. C’est sûr que c’est une décision qui est difficile à prendre surtout en cette période.
    Mais c’est ta vie (elle est courte) et personne ne la mènera à ta place. Si c’est une erreur, tu le sauras bien assez tôt, mais tu auras osé ! Et c’est ça qui fait qu’on peut être fier de soi quoi qu’il arrive !
    Tu as tout mon soutien 🙂

  5. Tu as raison : tente ta chance !Il n’y a rien de pire que les regrets… et les « si j’avais sû » ! Et si tes articles ont reçu un retour positif en province, pourquoi ne seraient-ils pas retenus à Paris ?!

    Tiens-nous au courant !

  6. Tu as bien raison, à quoi bon mener une vie de répétition juste par peur de se perdre, de risquer, de ne pas bousculer ses habitudes car nous vivons dans un monde de conditions. Fais ce dont tu as réelement envie, épanouis-toi et si tu te plantes, qu’importe ? On se plante tous à un moment donné. Bon courage à toi, fonce 🙂

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